L’hydrogène, une occasion à saisir

Publication Mars 2019

Un ensemble de preuves de plus en plus grand semble indiquer que les événements météorologiques extrêmes sont reliés aux changements climatiques, et ces perturbations sont devenues un enjeu d’importance pour les gouvernements et les dirigeants d’entreprise. Bien que les énergies fossiles demeurent la source d’énergie prédominante à l’échelle mondiale, de nombreux gouvernements se préoccupent de plus en plus des risques liés aux changements climatiques et cherchent des façons de décarboniser leurs sources d’énergie.

En outre, les risques liés aux changements climatiques touchent spécifiquement les acteurs du secteur de l’énergie dans leurs bastions même. Les ouragans, qui gagnent en puissance en raison de la hausse de la température des océans, ont récemment ravagé des installations de production de pétrole et de gaz. En octobre, l’ouragan Michael a forcé les exploitants de la partie américaine du golfe du Mexique à suspendre environ 40 % de leur production de pétrole brut et presque 30 % de celle de gaz naturel et en août 2017, l’ouragan Harvey a provoqué l’interruption de près du quart de la production de pétrole. De même, les activités en mer du Nord ont été interrompues en 2013 au passage du cyclone Xaver qui a frappé une partie de l’Europe.

Les pressions croissantes dues aux changements climatiques accentuent la nécessité de diversifier les sources énergétiques et d’accroître la part des énergies renouvelables et, partant, de se pencher sur des solutions permettant de contrebalancer la nature intermittente de la production d’énergie éolienne, solaire, marémotrice et houlomotrice. Une des avenues particulièrement prometteuses consiste à utiliser l’hydrogène comme moyen de stockage. 

Investisseurs dans le secteur de l’énergie, prenez acte

La majeure partie de l’hydrogène provient de la transformation de combustibles fossiles, mais 4 % sont produits par électrolyse de l’eau; l’hydrogène est alors séparé de l’oxygène au moyen d’un courant électrique. L’hydrogène issu d’un processus d’électrolyse alimenté par des sources d’énergie renouvelable est désigné comme de l’« hydrogène vert » et est considéré comme une source d’énergie propre. Dans certains cas, il peut remplacer les carburants polluants, réduire l’empreinte carbone laissée par le gaz naturel ou être stocké comme complément du gaz naturel. Le gouvernement australien entrevoit un tel potentiel dans l’hydrogène comme future source d’énergie qu’il a décidé d’investir jusqu’à la moitié des 14 millions de dollars nécessaires à la construction d’un électrolyseur situé à Sydney Ouest dans le cadre du plus grand projet pilote du genre au pays.

Ce marché émergent est prêt à recevoir des investissements et le Canada, où les sources d’énergie renouvelable abondent, offre d’importantes possibilités d’un océan à l’autre, en particulier pour les producteurs d’électricité indépendants (PEI) et les utilisateurs industriels qui cherchent à réduire leurs coûts à l’aide de sources en devenir.

Dans les provinces maritimes, on envisage de produire de l’électricité à partir des marées de la baie de Fundy, et les sociétés canadiennes et étrangères examinent la possibilité de construire des parcs éoliens extracôtiers afin de capter l’énergie des forts vents océaniques. La Colombie-Britannique, le Québec et le Manitoba possèdent de vastes ressources hydroélectriques. L’Ontario occupe le premier rang au pays pour la capacité de production d’énergie éolienne et solaire, tandis qu’en Alberta, le vent constitue la plus grande source d’énergie renouvelable. 

Cela étant dit, les politiques énergétiques et les marchés de l’électricité varient d’une province à l’autre. Les principaux joueurs dans la plupart des territoires sont des services publics d’État; par conséquent, le cadre d’investissement peut différer légèrement dans l’ensemble du Canada et n’est pas uniformément favorable. 

Choisir où et comment investir

Les principaux marchés sont actuellement en mutation. À court terme, ni la Colombie-Britannique ni le Québec n’achèteront d’électricité auprès de producteurs indépendants en raison de surplus énergétiques, et l’Ontario a annulé 758 contrats d’énergie renouvelable en juillet dernier. Entretemps, le gouvernement de l’Alberta affine sa stratégie en matière de production d’énergie renouvelable et il pourrait lancer de nouveaux appels d’offre. Tandis que la Saskatchewan et les provinces maritimes songent également à accroître leur production d’énergie renouvelable.

Étant donné que la chute des prix du gaz naturel a entraîné une baisse des prix de gros de l’électricité sur les marchés qui ne produisent pas d’hydroélectricité, les producteurs indépendants devraient se tourner vers des territoires qui sont dotés de structures favorisant les énergies renouvelables ou ceux où les fluctuations peuvent leur offrir des possibilités d’arbitrage. En stockant leur électricité, les producteurs privés pourraient la vendre au réseau pendant les périodes où les contreparties ne peuvent répondre à la demande et, ainsi, obtenir des revenus supérieurs. 

Compte tenu des conditions actuelles du marché, l’Alberta se distingue comme le meilleur emplacement pour les projets de stockage et de distribution de l’hydrogène; toutefois, des provinces comme la Colombie-Britannique ou le Québec ne devraient pas être laissées pour compte. Dans chacune d’elles, plus de 90 % de la production d’électricité est issue de l’hydroélectricité, et toutes deux aspirent à électrifier davantage le secteur industriel. Les promoteurs du secteur de l’hydrogène intéressés à faire une incursion dans ces provinces devront faire preuve de créativité pour promouvoir l’hydrogène vert comme source d’énergie propre additionnelle concurrentielle, l’intégration des énergies renouvelables au réseau ouvrant des possibilités de stockage à divers endroits. 

Toute entreprise qui souhaite élaborer des projets d’hydrogène vert doit d’abord comprendre le marché ciblé, les structures contractuelles de la province visée ainsi que les tendances en matière de réglementation afin d’établir des partenariats actifs et d’accéder à des programmes en matière d’énergie. S’ils sont bien au fait des particularités des réseaux électriques, les premiers investisseurs pourraient également trouver des occasions de se joindre aux efforts d’autres entreprises, d’obtenir des incitatifs ou d’utiliser des infrastructures existantes. 

Réduire les coûts

Le marché de l’hydrogène stocké va au-delà des éventuels producteurs d’électricité indépendants et comprend les consommateurs industriels qui doivent composer avec des frais de transport ou une demande élevés, en particulier en Alberta et en Ontario. Par exemple, il existe plusieurs possibilités de stockage de l’énergie, en Ontario en particulier, qui fonctionnent à l’aide de diverses technologies, dont celle de l’hydrogène, et qui sont conçues pour favoriser la réduction des effets découlant de la charge liée aux « ajustements mondiaux ». Dans le réseau électrique de l’avenir, on pourrait très bien voir une augmentation importante de nombre de consommateurs d’électricité importants qui produiraient et stockeraient également leur propre électricité et accroîtraient ainsi leurs revenus en vendant leurs surplus. Plusieurs organismes de réglementation se penchent sur les effets potentiels connexes sur leurs infrastructures et leurs régimes réglementaires.

Autre exemple, le coût actuellement élevé de production d’hydrogène vert est en baisse et seulement quelques années pourraient s’écouler avant que la parité entre les coûts du transport et ceux de la technologie en matière d’énergie soit atteinte. Et c’est là que les sociétés de recherche et de technologie peuvent entrer en jeu. En investissant dans des centrales de démonstration, comme la centrale Hydrogen Utility (H2U), en Australie, au moyen de partenariats public-privé, elles pourront certainement accélérer l’adoption des solutions de stockage d’hydrogène.

À l’instar de toute entreprise en démarrage, les PEI, les clients industriels ou les sociétés technologiques qui songent à investir dans des projets de stockage d’hydrogène vert devraient s’assurer d’être bien entourés. Ils voudront trouver des partenaires, du financement pour leurs idées et protéger celles-ci, ainsi que réduire et partager les risques et s’assurer que toute entente de partenariat est bien gérée. 

Pour obtenir de l’aide, communiquez avec notre équipe du secteur de l’énergie.

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